L'Histoire de l'Hôtel Dieu

Pour reconstruire l'Hôtel Dieu qui tombait en ruine, on fit appel, en 1760, à l'architecte lyonnais Melchior Munet qui avait participé, à Lyon, à la construction des bâtiments conçus par Soufflot. Disposant d'un vaste espace, en dehors de la ville, et d'un budget suffisant, Munet put réaliser un établissement fonctionnel conforme aux règles sanitaires alors en vigueur. L'influence de Soufflot est évidente, en particulier dans la conception de la chapelle qui s'inspire manifestement de celle de la Charité de Mâcon dont la construction, sur les plans de Soufflot, venait de s'achever sous la direction de l'architecte mâconnais Michel Minoya qui, aussitôt après, fut chargé de conduire l'édification de L'Hôtel Dieu.

Redimensionner_HALL 2.JPG    Redimensionner_ROTONDE 1.JPG Redimensionner_FRESQUE.JPG

L'architecture de l'Hôtel Dieu

Construit sur plan rectangulaire en grille, l'édifice (5700 m²)  s'organise autour de deux cours séparées par un corps de bâtiment transversal. Couverte d'une coupole et d'un dôme, la chapelle est placée au centre du corps du bâtiment nord : neuf salles de malades, établies en rez-de-chaussée et à l'étage, ouvraient sur la chapelle. Les corps de bâtiment est et ouest étaient destinés aux sœurs tandis que le corps de bâtiment sud abritait la pharmacie, le bureau des recteurs, la salle des archives et la cuisine.

 

Redimensionner_ROTONDE 3.JPG  09 Au milieu du couloir, se trouve l'acceuil de jour.JPG   Redimensionner_P3130033.JPG

Le Dôme de l'Hôtel Dieu

Située sous le dôme, la chapelle est construite sur plan ovale. Au rez-de-chaussée, un déambulatoire voûté d'arêtes fait le tour du socle sur lequel se trouvait l'autel.

A l'étage des tribunes, une balustrade de fer forgé, œuvre du ferronnier mâconnais François Thomas (1769), ferme chaque arcade.

Les fresques qui ornent le tambour représentent en alternance quatre thèmes fréquents dans l'iconographie hospitalière : le couronnement de la Vierge, mère des pauvres, Jésus chez Marthe et Marie symbolisant la mission d'accueil de l'hôpital ; le Bon Samaritain et les œuvres de Miséricorde exprimant l'idéal humanitaire d'assistance et de charité ainsi que quatre prophètes : Jérémie, Isaïe, Michée et David.

 

L'apothicairerie de l'Hôtel Dieu

L'apothicairerie de l'Hôtel-Dieu se trouve au rez-de-chaussée, à droite du hall d'entrée, sous le grand escalier; l'accès se faisant par une seule porte, sur le côté ouest. La pièce de 43,50 m² a un parquet fougère en chêne et est éclairée par deux grandes fenêtres au nord, séparées par un miroir à six glaces maintenues entre elles par un filet de plomb.

Sur le côté opposé, le mur est entièrement occupé par le mobilier de la pharmacie, ouvrage de 4.30 m de hauteur qui comprend une partie basse fermée par des portes pleines et une partie haute composée de colonnes de tiroirs en alternance avec des portes vitrées à petit bois ; l'ensemble étant surmonté d'une corniche formée de cintres en élévation, concaves et convexes. Les panneaux des portes et des embrasements sont en loupe de frêne massif, tandis que ceux des façades de tiroirs ainsi que certaines parties du décor des dessus de meubles bas et des tablettes de fenêtres sont en loupe d'orme.

Les fenêtres, peu nombreuses, et les murs recouverts jusqu'en haut de boiseries permettaient à la pièce de conserver une bonne isolation, nécessaire au rangement et à la longévité des remèdes. Cet ensemble, depuis sa création vers 1775, a su préserver son homogénéité et un excellent état de conservation. Etait associée à ce « salon de vente » une pièce de préparation où l'on entrait par la porte située sur le mur est. Les religieuses en charge de cet espace cultivaient aussi un jardin de plantes médicinales, à l'intérieur du quadrilatère de l'Hôtel Dieu.

Les médicaments et potions étaient conservés soit dans les tiroirs, soit dans les pots à pharmacie. Sur les 8 rangées de tiroirs, les façades sont ornées de petites plaques métalliques, noir et or, qui portent le nom du remède contenu.

Dans le décor de l'apothicairerie, les deux grands vases d'apparat polychromes, situés au dessus des portes face à face, sur des consoles, sont des pots à montrer. Ils mettaient à l'honneur les préparations traditionnelles. La thériaque, composée de 74 produits remède « miracle » apte à guérir toutes les maladies contagieuses ainsi que la colique, les vers, les morsures de bêtes venimeuses, l'asthme, l'épilepsie, la léthargie, les maladies hystériques etc.